SND 3O : La nécessaire synergie entre les secteurs public et privé

SND 3O : La nécessaire synergie entre les secteurs public et privé

20 Nov 2021 | ACTUALITÉS | 0 commentaires

La SND30 édicte un certain nombre de réformes à implémenter par l’État, pour permettre aux créateurs de richesses de jouer pleinement leur rôle de moteur du développement économique.

Le rôle du secteur privé dans la SND30 est celui de principal moteur du développement économique. Pour l’amener à jouer ce rôle, le gouvernement a fixé des orientations aussi bien au niveau de la transformation structurelle de l’économie que de la gouvernance économique et financière, et la transformation du système financier ».

Cette assertion de Paulin MENDO, Chef de la Cellule des Analyses Conjoncturelles au Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), trahit tout l’espoir que le gouvernement camerounais place dans le secteur privé, pour assurer une mise en œuvre réussie de la SND30, au cours de la décennie en cours. C’est que le succès de l’implémentation de la SND30 est étroitement lié à l’implication du secteur privé. « La stratégie est bâtie en mettant le sec- teur privé au centre du processus. Par exemple, sur le volet de la transformation structurelle de l’économie, neuf secteurs moteurs ont été sélectionnés, en cohérence avec le Plan directeur d’industrialisation (PDI). Ce sont les entreprises qui portent ces différents secteurs », corrobore l’ingénieur financier BABISSAKANA.

Tenez par exemple ! L’atteinte des objectifs de croissance économique projetés par la nouvelle stratégie implique un accroissement des investissements dans le secteur productif, dont le secteur privé est le principal acteur.

Dans le détail, apprend-on officiellement, cette croissance des investissements devrait se situer autour de 11,4% en moyenne annuelle entre 2021 et 2030 dans le scénario vision, contre 7,6% dans le scénario de base. « Cette évolution sera principalement portée par l’investissement privé, dont la croissance sur la période est estimée à près de 12%. En pourcentage du PIB, l’investissement global devrait se situer autour de 25,2% en 2025 et continuer graduellement sa progression pour s’établir en 2030 à près de 29%, soit une hausse de près de 4 points par rapport au niveau postulé dans le scénario de référence », souligne la SND30.

Développement des entreprises

Pour permettre une telle progression des investissements des opérateurs privés (+12% sur une période de 10 ans), après les investissements colossaux réalisés par l’Etat dans le secteur des in- frastructures ces dernières années (barrages, ponts, port, projet d’adduction d’eau, etc.), il importe que les pouvoirs publics apportent davantage de pierres à l’édifice, au travers des réformes visant notamment à inciter le développement des entreprises. De ce point de vue, en plus de la loi de 2013 (révisée en 2017) portant incitations à l’investissement privé en République du Cameroun, la SND30 préconise des réformes supplémentaires.

Concrètement, il s’agit de «bâtir un dispositif rénové d’incitations au développement des entreprises (investissements et exportations), en combinant l’ensemble des instruments utilisés au niveau international ; constituer progressivement une masse critique des “champions nationaux”, représentant des fleurons ou têtes de proue dans les différents piliers industriels ainsi que dans le secteur financier; créer et mettre en place des organes spécialisés, conformément aux dispositions de la Charte des investissements sur la promotion de l’initiative privée, et réformer les chambres économiques pour les rendre plus efficientes; bâtir des mécanismes de suivi et d’évaluation des performances des entreprises bénéficiaires des incitations, et prendre des mesures correctrices contre tout dérapage constaté ».

Mais, au-delà de ces actions liées à la transformation structurelle de l’économie, la nouvelle stratégie propose des mesures en rapport avec la gouvernance financière et économique. Ici, il s’agit principalement d’«alléger les coûts des facteurs et les procédures liés à la disponibilité foncière ; améliorer la mobilisation de l’épargne nationale pour le financement du secteur privé ; lever les principaux obstacles qui pèsent sur l’éclosion des partenariats public-privé; promouvoir l’utilisation des produits locaux, notamment par le biais de la commande publique…»

Cette commande publique, de l’avis de nombreux experts, devrait également prendre en compte la préférence nationale.

Brice R. Mbodiam

Collaboration : La partition de la société civile et de la communauté scientifique

Au Cameroun, la vulgarisation des résultats de la recherche demeure un réel défi. Et de leur propre aveu, les chercheurs, pourtant porteurs de trouvailles pouvant parfois révolutionner des pans entiers de la société et de l’économie locale, pour peu qu’on prête une oreille attentive à leurs travaux, se sentent un tout petit peu à la remorque des initiatives de développement dans le pays. Cette absence d’un véritable pont entre la communauté scientifique, les décideurs et autres opérateurs économiques prive le Cameroun d’un anneau majeur sur la chaîne du développement.

De ce point de vue, la stratégie 20-30 apparaît comme une initiative devant sonner le tocsin de la renaissance d’une communauté scientifique engagée, résolument tournée vers la recherche des solutions aux problèmes qui freinent le décollage économique et sociétal du Cameroun. Pour ce faire, en plus d’être écoutés, les entrepreneurs de la recherche vont bénéficier de certaines facilités édictées dans la SND30. « En vue d’améliorer la contribution de la recherche au développement du pays, le gouvernement envisage de mettre en place un Système national d’innovation ; mutualiser les capacités infrastructurelles et scientifiques des centres de recherche et des universités, en veillant au relèvement des plateaux techniques ; créer un mécanisme de financement pérenne de la recherche dans tous les secteurs ; définir une stratégie de partenariat international, afin de capter les technologies et les connaissances qui auraient une plus-value significative pour le développement du pays », apprend- on officiellement.

Dans le même ordre d’idées, la société civile, en gendarme des intérêts non partisans, devrait en tout temps être en alerte, à l’effet de s’assurer que les promesses faites dans le cadre de la SND30 sont tenues, ou alors que les obstacles à l’implémentation réussie de la nouvelle stratégie nationale de développement sont effectivement levés. Ces dernières années, les actions de cette composante de la gouvernance publique dans le suivi des projets inscrits dans le Budget d’Investissement Public (BIP), ont bien démontré l’importance que revêt désormais la société civile dans la gestion efficiente des affaires de la cité.

BRM

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