Décennie 2020-2030 : Cap sur une croissance économique moyenne de 8%

Décennie 2020-2030 : Cap sur une croissance économique moyenne de 8%

20 Nov 2021 | ACTUALITÉS | 0 commentaires

Cette projection repose sur une dynamisation tous azimuts des activités dans les secteurs clés de l’économie et une réduction drastique du déficit de la balance commerciale.

Tirant certainement tous les enseignements de la mise en œuvre du Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE), le gouvernement camerounais se veut plus prudent (pas de croissance à deux chiffres) en matière d’évolution des principaux agrégats macroéconomiques dans la Stratégie Nationale de Développement 2020 -2030 (SND30).

En effet, ce nouveau cadre de référence visant à faire du Cameroun un pays émergent à l’horizon 2035 anticipe un taux de croissance économique moyen de 8% en 2030.

Ainsi, selon les projections de la stratégie, cet agrégat devrait évoluer progressivement sur les périodes 2020-2022 (4,7% de taux de croissance), 2023-2025 (7,7%) et 2026- 2030 (9,3% en moyenne annuelle). Au demeurant, dans cette hypothèse dite « scénario volontariste » ou de «Vision», il est pris en compte « les efforts supplémentaires que le gouvernement devrait mettre en œuvre non seulement pour lever les contraintes structurelles actuelles, mais également pour assurer un meilleur suivi-évaluation en vue d’atteindre les objectifs de la Vision».

Cette vision projette également une réduction substantielle du déficit de la balance commerciale du Cameroun, qui passerait de 8,8% du PIB en 2018, à moins de 3% du PIB en 2030, grâce à la mise en place d’un tissu industriel robuste, capable d’une part de conquérir les marchés sur le continent, voire au-delà, et d’autre part d’accompagner les mécanismes de substitution à l’importation.

Au plan sectoriel, et contrairement au scénario de référence qui met en exergue le foisonnement des activités dans le primaire et le secondaire, la croissance économique dans le « scénario volontariste » de la SND30 sera impulsée par le secteur tertiaire, dont le taux de croissance moyen annuel est projeté à 8,3% (+2,3 points par rapport au scénario de référence) entre 2021 et 2030. « Cette per- formance sera principalement le fait des évolutions dans les branches du com- merce, de la banque et des organismes finan- ciers, de l’hôtellerie et de la restauration, des transports, des entrepôts et des communications », précise la stratégie.

Par ailleurs, sur la même période, un taux de croissance moyen annuel de 7,9% (+2,2 points au-dessus du scénario de référence) sera en- registré dans le primaire, contre 7,5% (+2,4 points par rapport au scénario de base) dans le secondaire. Dans ce secteur, apprend-on officiellement, la performance reposera sur le dynamisme dans l’industrie manufacturière (+6,4%, contre +4,7% dans le scénario de base) et le BTP (croissance moyenne de 11,8% contre 7,9% dans le scénario de base).

Cependant, prévient le gouvernement, toutes ces performances projetées peuvent être plombées par la persistance de la crise sécuritaire dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest; les retards dans l’exécution des projets agricoles, énergétiques et infrastructurels ; les conséquences d’un dérèglement climatique prononcé; ou encore la survenue ou la persistance d’une pandémie planétaire comme le coronavirus.

Brice R. Mbodiam

Secteurs sociaux : Améliorer l’accès à une éducation de qualité et promouvoir la santé

Au cours des 10 prochaines années, grâce au nouveau cadre de référence de ses actions de développement, l’État du Cameroun se propose d’améliorer substantiellement les conditions de vie de ses populations, ainsi que l’accès aux services sociaux de base. De ce point de vue, dans le secteur éducatif, les actions à mettre en œuvre contribueront, apprend-on, à faire passer le taux net de scolarisation combiné (proportion de la tranche d’âge 6-24 ans scolarisée), qui stagne à 54% pratiquement depuis 2015, à 72% (soit un bond de 18%) sous le scénario de référence évoqué plus haut. Cet indicateur, selon la SND30, pourrait même atteindre 81,2% au cours de la période sous revue, selon l’hypothèse la plus optimiste de la stratégie. Afin d’atteindre cet objectif, le gouvernement ambitionne d’augmenter successivement la part du budget alloué à l’éducation. De 14,7% de l’enveloppe globale en 2020, elle sera portée à 20,8% en 2030, en hausse de plus de 6% sur 10 ans.

Dans le même temps, côté santé, l’espérance de vie à la naissance, officiellement estimée à 58 ans en 2018, devrait sensiblement progresser. «Sur la base d’une bonne couverture santé universelle, et de façon globale du renforcement du système de santé, l’espérance de vie à la naissance connaîtrait une évolution considérable pour se situer à l’horizon de la stratégie à 62,1 ans dans le scénario de référence, et 65,2 ans dans le scénario Vision ».

De même, la SND30 projette « la mise en place d’un dispositif de soutien des prix d’accès aux nutriments et aliments des nourrissons, et d’un plan national de lutte contre la malnutrition des femmes enceintes et des enfants de moins de 5 ans ». Ainsi, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans (79 décès pour 1000 naissances vivantes en 2018) devrait passer à 54,2 pour 1000 en 2030 dans le scénario de référence, contre 36,2 pour 1000 dans le scénario Vision. Pour atteindre ces objectifs dans le secteur de la santé, l’allocation budgétaire annuelle du Ministère de la Santé Publique est annoncée à 6,4% du global en 2030, contre 4,4% en 2020.

BRM

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