Tissu économique : La transformation structurelle en ligne de mire

Tissu économique : La transformation structurelle en ligne de mire

20 Nov 2021 | ACTUALITÉS | 0 commentaires

Grâce à des mutations profondes envisagées dans l’industrie manufacturière, les infrastructures, la production agricole et les services, la SND30 veut faire du Cameroun à la fois le grenier et l’usine de l’Afrique centrale

Les efforts dans le secteur des infrastructures induit par la mise en œuvre du DSCE a permis de porter la part de l’industrie manufacturière dans le PIB du Cameroun, de 8% en 2010 à 12,9% en 2016. Cet indicateur dépasse de 0,4 point les prévisions contenues dans la Vision 2035, souligne-t-on au ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire.

Mais, en dépit de ces progrès, souligne la SND30, les exportations du pays continuent d’être constituées à 66% de matières premières. Mieux, une analyse de la structure des importations du Cameroun met en évidence une hausse des biens de consommation finale, dont la part dans les importations est passée de 32% sur la période 2000-2009, à 34% sur la période 2010-2017. Cette réalité obère considérablement la balance commerciale du pays et en fait une nation à l’économie outrancièrement extravertie.

Afin d’inverser cette tendance, la SND30 ambitionne de transformer structurellement l’économie camerounaise au cours des 10 prochaines années. Cette transformation, apprend-on, « passe par une densification de l’industrie manufacturière ainsi que des secteurs des services à haute productivité, et un rattrapage technologique se traduisant par une hausse de la productivité dans l’agriculture et sa modernisation ».

Concrètement, il s’agira d’investir massivement pour profiter de toutes les opportunités qu’offrent les secteurs clés tels que l’énergie ; les services financiers ; l’agro-industrie ; le numérique ; les filières forêt-bois, textile-confection-cuir, mines-métallurgie-sidérurgie, hydrocarbures-pétrochimie-raffinage, chimie-pharmacie ; constructions ; services, etc.

Dans le cadre de la transformation structurelle de l’économie camerounaise, il est également question de porter de 1650 à 5000 MW en 2030, les capacités d’énergie électrique installées dans le pays ; accueillir 3,5 millions de touristes en moyenne par an (contre à peine un million de nos jours) ; faire passer le taux de bancarisation de 12,2% (contre une moyenne africaine de 29%) actuellement à 80% en 2030, tout en boostant le taux de financement bancaire de l’économie de 15,9% du PIB en 2018 à un minimum de 70% du PIB en 2030.

Il s’agit, par ailleurs, de réduire substantiellement les importations par la mise en œuvre d’une politique d’import-substitution, dont le corollaire est la promotion du « made in Cameroon » ; construire 3 500 km de routes et réhabiliter 2 000 km existants ; ou encore d’exploiter le potentiel pétro-gazier de la presqu’île de Bakassi, dans la région du Sud-Ouest…

Toutes ces actions et bien d’autres prévues par la SND30 permettront, au final, de «porter la part du secteur secondaire dans le PIB du pays de 28,2% en 2018 à 36,8% à l’horizon 2030 ; porter la valeur ajoutée manufacturière (VAM) de 12,9% en 2016 à 25% en 2030; et de porter la part des exportations des produits manufacturiers de 26,25% en 2015 à 54,5% en 2030 », souligne la stratégie.

Une telle performance, apprend-on, fera du Cameroun « le commutateur (fournisseur d’énergie électrique), le nourricier (fournisseurs des produits agro-industriels) et l’équipementier (fournisseur de biens d’équipement notamment les meubles) de la CEEAC (Communauté Economique des États de l’Afrique Centrale) et du Nigéria », dans un contexte d’opérationnalisation effective de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAF).

Brice R. Mbodiam

Articles similaires

0 Commentaires

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

*

code