Un dispositif institutionnel, placé sous l’autorité du Premier ministre, a été prévu pour veiller à chaque instant à la bonne mise en œuvre de la SND30.
Lors de la présentation de la Stratégie nationale de Développement, le 16 novembre 2020, des acteurs ont exprimé des préoccupations en lien avec son suivi et son évaluation. «Je voudrais souligner qu’il va nous falloir, de manière très impérative, un mécanisme contraignant de suivi», a indiqué le Professeur Roger TSAFACK NANFOSSO. Pour le recteur de l’université de Dschang, à l’Ouest du pays, «si on n’a pas un mécanisme contraignant de suivi, on pourrait élaborer plusieurs stratégies de développement et avoir des déconvenues comme avec le DSCE ».
« Dans la chaine décisionnelle de l’État, il faudrait qu’il ait une dynamique offensive, agressive et proactive pour pouvoir implémenter ce qui est dans le document…», a renchéri l’ingénieur financier BABISSAKANA, CEO du cabinet PRESCRIPTOR.
S’appuyant justement sur l’expérience de la mise en œuvre du DSCE, la SND30 a prévu un dispositif institutionnel de pilotage et de suivi-évaluation, placé sous l’autorité du Premier ministre. Il s’agit du Conseil National de la Planification. Constitué de l’ensemble des membres du gouvernement, des acteurs du secteur privé et de la société civile, il a pour principale mission de superviser globalement la mise en œuvre de la stratégie et d’apprécier les résultats, les effets et impacts de la mise en œuvre de la stratégie sur le développement économique et social du pays, à travers le suivi régulier des indicateurs clés.
Plusieurs rapports attendus par an
Pour la réalisation de ses missions, le Conseil sera assisté par un Comité national de suivi-évaluation. Ce Comité, placé sous l’autorité du ministre chargé de la Planification, sera chargé de réaliser l’ensemble des produits attendus du suivi-évaluation des activités de la mise en œuvre de la stratégie. Il s’agit entre autres des rapports trimestriels, semestriels et annuels.
Le Comité est composé des secrétaires généraux de tous les départements ministériels, les représentants des autres administrations et organismes publics, des Collectivités territoriales décentralisées, des Chambres consulaires et du secteur privé, des organisations de la société civile et des parte- naires techniques et financiers.
Le tout irrigué par un programme statistique reposant sur une Stratégie nationale de développement de la statistique actualisée.
Pour le gouvernement, ce dispositif de suivi-évaluation participatif vise « l’instauration d’un dia- logue constructif et durable entre tous les acteurs de développement (État, secteur privé, société civile, partenaires techniques et financiers et bénéficiaires) ».
Mais, certains experts souhaitent sa perfection. C’est le cas du professeur Viviane Ondoua Biwolé, qui s’inquiète de sa lourdeur et du fait que les acteurs chargés de la mise en œuvre de la SND30 soient aussi à l’évaluation.
Pour l’experte en management public, « le gouvernement gagnerait à avoir un corps d’évaluateurs certifiés (qui siègerait dans le comité technique à la place des ministres et des secrétaires généraux) ou sous-traiter cette évaluation dans le cadre des audits externes ou se faire assister par des experts neutres aux compétences avérées ».
Aboudi Ottou
0 commentaires